October 30, 2026

Le foulard scout : l’histoire d’un bout de tissu que le monde entier reconnaît

uniforme
Si tu as été scout, tu te souviens sans doute du jour où on t’a remis ton foulard. Le tissu encore raide, la bague ou le nœud qu’on ajuste, le regard des plus grands. Pour beaucoup, c’est le moment où l’on devient « vraiment » du groupe. Pourtant, presque personne ne sait d’où vient ce triangle de tissu, ni pourquoi les couleurs de son groupe sont celles-là. Nous avons cherché dans les textes d’époque, les règlements des mouvements, les sites de groupes et les archives de territoires. Nous avons trouvé moins de certitudes qu’espéré, et plusieurs surprises.

Comment lire cet article. Quand nous avons pu lire le texte d’époque ou le document officiel, nous l’affirmons. Quand un point ne repose que sur une source secondaire, ou que les sources se contredisent, nous l’écrivons au conditionnel et nous ajoutons « (à confirmer) ». Les sources sont indiquées au fil du texte, et une synthèse en fin d’article résume le niveau de preuve de chaque point. Nous n’avons pas consulté d’archives papier : tout repose sur des textes et des documents accessibles en ligne, et nous comptons sur les lecteurs qui ont des archives pour confirmer les points fragiles.

Parmi les surprises : un foulard qui n’a pas toujours été de couleur de groupe, une bague qui n’existait pas du temps de Baden-Powell, un foulard presque abandonné dans les années 1970, des couleurs qui racontent des fusions, des villes et des saints.

Un outil avant d’être un symbole

Avant d’être un emblème, le foulard est un outil. Déplié, son triangle a la taille d’un bandage de premiers secours (Wikipédia). Il protège la nuque du soleil en été et du froid en hiver, et peut servir de bandage de fortune (Aleteia, 2023). C’est pour cela qu’on le retrouve aussi bien en tenue de camp qu’en tenue de cérémonie.

  1. 1908

    Royaume-Uni

    Le foulard identifie une patrouille

    Le texte fondateur de Baden-Powell décrit un mouchoir coloré noué au cou, aux couleurs de la patrouille et non du groupe.

  2. 1911

    France

    Le scoutisme arrive en France

    Deux mouvements naissent la même année : les Éclaireurs français (Coubertin) et les Éclaireurs de France (Nicolas Benoit).

  3. 1919

    Royaume-Uni

    Le foulard devient celui de la troupe

    Le règlement britannique remplace « tour de cou » par « foulard », décrit selon un historien scout aux couleurs de la troupe.

  4. 1923-1924

    Royaume-Uni

    La bague remplace le nœud

    Inventée à Gilwell Park, la bague de cuir en tête de turc entre dans le règlement britannique en 1924.

  5. 1926

    France

    Les foulards de groupe sont attestés

    Des foulards de groupes datés de 1926 sont reproduits par les scouts du Val-de-Marne.

  6. 1940

    France

    Les associations françaises se fédèrent

    La charte de l’Oradou crée la Fédération du scoutisme français. Certaines sources donnent 1941.

  7. 1970-1990

    France

    Le foulard recule aux EEDF

    Selon la Scoutopedia, le symbolisme est rejeté dans les années 1970 et la tenue n’est plus obligatoire. Le foulard revient dans les années 1990.

  8. 2004

    France

    Scouts et Guides fusionnent

    Les Scouts de France et les Guides de France forment les SGDF. Certains groupes créent un foulard mi-parti.

D’où vient le foulard ?

Ce que dit le texte de 1908

Scouting for Boys (« Le scoutisme pour les garçons ») paraît en fascicules à partir de janvier 1908. Dans la partie I, la troisième causerie au coin du feu (Camp Fire Yarn n° 3) décrit comment doit s’habiller une patrouille qui n’appartient à aucun corps en uniforme : un chapeau à large bord, une chemise de flanelle, un mouchoir coloré noué lâchement autour du cou, et un bouquet de rubans aux couleurs de la patrouille sur l’épaule gauche. Une note précise que la couleur du tour de cou (ou de la cravate) et du nœud d’épaule doit être celle de la patrouille. (texte intégral, Project Gutenberg)

Chaque patrouille porte alors le nom d’un animal et a sa couleur : les courlis en vert, les hiboux en bleu, les loups en jaune, les taureaux en rouge, les corbeaux en noir, les chiens courants en orange, les béliers en marron (même texte).

En 1908, le foulard n’est donc pas un foulard de groupe. Sa couleur identifie une équipe de six à huit garçons. La chronologie de la tenue publiée par l’association scoute britannique cite le même passage (Scout Association), et les archives scoutes de Cambridge notent que les rubans d’épaule faisaient écho au tour de cou, les deux étant aux couleurs de la patrouille (Cambridge District Scout Archive).

Le même livre demande de faire chaque matin un nœud à son mouchoir ou à sa cravate pour se souvenir de la bonne action du jour, et l’insigne du scout comporte lui aussi un nœud pour la même raison. Cela explique sans doute la tradition encore vivante en France, selon laquelle le nœud du foulard rappelle la bonne action quotidienne (Aleteia).

Au camp d’essai de Brownsea, en 1907, les garçons n’auraient pas eu d’uniforme, mais des foulards kaki et un nœud d’épaule de la couleur de leur patrouille (Wikipédia, à confirmer).

Du foulard de patrouille au foulard de groupe

Le règlement britannique intègre la tenue en 1911 et en publie le premier schéma en 1912. Jusqu’en 1919, il parle d’un « tour de cou » ; à partir de 1919, il parle d’un « foulard » (Scout Association). L’historien scout John May cite le règlement de 1919 : un foulard aux couleurs de la troupe, porté noué lâchement (John May, à confirmer dans le règlement lui-même). La couleur aurait donc d’abord identifié la patrouille, puis, au plus tard en 1919, le groupe.

Deux phrases célèbres qui ne datent sans doute pas de 1908

Beaucoup de sites, dont Wikipédia en anglais, attribuent à Scouting for Boys (1908) deux phrases de Baden-Powell. La première dit que la tenue des scouts ressemble beaucoup à celle des hommes qu’il commandait dans la South African Constabulary, une police militarisée sud-africaine. La seconde dit que chaque troupe a sa couleur de foulard et que l’honneur de la troupe y est lié (Wikipédia).

Nous ne les avons pas retrouvées dans la description de la tenue de la partie I de l’édition de 1908. La seconde parle en outre d’une bague (en anglais, un « woggle »), un mot que la chronologie britannique ne situe qu’à la fin des années 1920. Elle figure dans une édition plus tardive, par exemple cette édition numérisée. Les deux phrases sont donc probablement de Baden-Powell, mais leur date reste à établir (à confirmer).

La piste de la guerre des Matabélé (à confirmer)

Plusieurs sources situent l’origine du foulard pendant la seconde guerre des Matabélé, en 1896, dans l’actuel Zimbabwe. Baden-Powell y aurait porté, voire copié sur l’éclaireur américain Frederick Russell Burnham, un mouchoir gris noué lâchement autour du cou contre les coups de soleil (Wikipédia). Une exposition de la Royal Philatelic Society de Londres situe cet usage en 1897, en Matabeleland (RPSL).

Ce qui est solide, c’est l’amitié entre les deux hommes et l’influence de Burnham sur le scoutisme (Scoutopedia). Ce qui ne l’est pas, c’est le lien précis avec le foulard : nous n’avons pas pu localiser la phrase citée dans le récit de Baden-Powell sur cette campagne (The Matabele Campaign), et nous n’avons pas consulté les mémoires de Burnham (1926).

Plus vieux que le scoutisme

Un tissu noué autour du cou n’a rien d’une invention scoute. Les soldats de l’armée de terre cuite de l’empereur de Chine, il y a plus de 2 000 ans, sont représentés avec un tissu au cou. Les marins, les cow-boys et les ouvriers agricoles en portaient aussi (Wikipédia). Le scoutisme n’a pas inventé le foulard : il lui a donné un sens.

Du nœud à la bague

Jusqu’en 1924, la méthode officielle britannique pour fermer le foulard est un simple nœud lâche. Aux États-Unis, on essaie des anneaux surnommés « boondoggles » (« bidules »), dont certains seraient faits d’os de chien. À Gilwell Park, près de Londres, où l’on forme les chefs, un employé, Bill Shankley, en tire une version en cuir tressé selon un nœud de marin, la « tête de turc », et la baptise « woggle », pour rimer avec « doggle ». Un article de la revue The Scout de juin 1923 invite à porter une bague de foulard ; le comité du Conseil approuve l’usage d’un anneau la même année ; le règlement le mentionne en 1924. La treizième édition de Scouting for Boys (1928) parle d’un anneau, la quatorzième (1929) emploie le mot « woggle » entre guillemets, comme un terme d’argot, et le règlement officiel ne l’adopte qu’en 1945 (Scout Association).

Qui a trouvé le mot ? Les sources se contredisent : Shankley selon la Scout Association, Francis Gidney (premier chef de camp de Gilwell) selon une page de scouts de Londres, Baden-Powell lui-même selon les scouts du Queensland (à confirmer).

On lit parfois que Baden-Powell portait déjà une bague et que le nœud n’est venu qu’après (Aleteia). Les documents britanniques situent plutôt l’apparition de la bague au début des années 1920. La bague de cuir en tête de turc qu’on voit en France est de la même famille.

Un détail pour les curieux : les chefs formés à Gilwell reçoivent un foulard de formation, gris colombe à l’extérieur et rouge à l’intérieur (Scouts d’Afrique du Sud). Ce n’est pas un foulard de groupe.

Le foulard arrive en France

1911 : deux mouvements, la même année

Le scoutisme arrive en France en 1911 et se divise presque aussitôt. En octobre, la Ligue de l’éducation nationale, proche de Pierre de Coubertin, présente à la Sorbonne les « Éclaireurs français ». Le 2 décembre, l’officier de marine Nicolas Benoit dépose en préfecture de Paris les statuts des Éclaireurs de France (Scoutopedia, Wikipédia). Les Archives de Lyon résument la différence : les Éclaireurs français se veulent « résolument français et hostiles à toute influence anglo-saxonne » (Archives de Lyon). Les sources que nous avons lues ne disent pas comment le foulard a été adopté à cette époque.

Les premiers foulards de groupe

Le site des Scouts et Guides de France du Val-de-Marne reproduit des foulards de groupes datés de 1926 (Cachan, Champigny, Fontenay-sous-Bois). Il précise que les couleurs étaient généralement propres au groupe, que dans de rares cas chaque unité du groupe avait son foulard, et que les Guides de France n’ont adopté le foulard qu’un peu plus tard (SGDF Val-de-Marne).

Chez les Éclaireurs français, la Scoutopedia (un wiki collaboratif) cite un bulletin de 1936 pour la tenue des années 1930 : un foulard aux couleurs de la troupe (Scoutopedia, sans accès au bulletin d’origine). Pour les années 1920, la même page décrit un foulard passé sous les revers de la chemise, où l’on porte le numéro de la troupe, sans source précise (à confirmer).

Après la guerre : un foulard kaki avant la promesse

Toujours selon la Scoutopedia, qui cite L’Éclaireur français de janvier 1948, les jeunes portent d’abord un foulard kaki, puis reçoivent celui aux couleurs de l’unité après leur promesse (Scoutopedia, bulletin d’origine non consulté). Cette idée d’un foulard qui se mérite est peu documentée.

1940 : six associations, une fédération

En 1940, les Éclaireurs de France, les Éclaireurs israélites, les Éclaireurs unionistes, les Scouts de France, les Guides de France et la Fédération française des éclaireuses signent la charte de l’Oradou et créent la Fédération du scoutisme français (Flags of the World, Cairn). Certaines sources donnent 1941.

Quand le foulard a failli disparaître

Les Éclaireuses et Éclaireurs de France (EEDF) naissent en 1964 de la fusion de trois associations. Selon la Scoutopedia, qui s’appuie notamment sur un mémoire universitaire de 2023, les années 1970 rejettent le symbolisme et toute forme d’embrigadement : peu de groupes portent encore la chemise, et même le foulard. Dans les années 1980, la tenue n’est plus obligatoire ; elle peut se réduire à un tee-shirt de l’association ou au foulard. Une vidéo d’un rassemblement régional de 1994 montre, dit-elle, une centaine de jeunes sans aucun foulard. Le foulard revient dans les années 1990 et, dans les années 2010, il est « redevenu la norme » (Scoutopedia, bulletins d’origine non consultés).

Un foulard garde la mémoire

Dans le Val-de-Marne, les groupes racontent leurs couleurs (SGDF Val-de-Marne) :

  • Sucy-en-Brie, 1993. Dans les années 1990, le groupe scout avait un foulard orange bordé de noir, le groupe guide un foulard bleu clair bordé de blanc. Quand les deux groupes se rapprochent en 1993, ils choisissent un foulard commun : vert (la ville et sa forêt), bordé de blanc (les guides) et de noir (les scouts).
  • Vincennes, 1957. Quand le groupe prend le nom de Jacques Deschamps, un liseré vert est ajouté pour retrouver les couleurs de la médaille militaire reçue à titre posthume en 1956.
  • Maisons-Alfort, 2005. Vert pour la nature, bleu pour la Marne, jaune pour le confluent des routes nationales 6 et 19.
  • Territoire du Val-de-Marne, octobre 2004. Quand les Scouts de France et les Guides de France fusionnent, le territoire choisit un foulard gris souris, mélange du blanc féminin et du noir masculin, avec un liseré orange (la nouvelle charte graphique) et deux autres, or et bleu, aux couleurs du département.

Ailleurs, à Lamentin, en Martinique, les SGDF portent un foulard moitié vert, moitié orange, en souvenir de l’union des guides et des scouts en 2004 (Aleteia).

Aujourd’hui, mouvement par mouvement

Il n’y a pas un foulard scout en France, mais autant de traditions que de mouvements. Voici ce que nous avons pu documenter ; si ton mouvement n’y figure pas, ou si nous nous trompons, dis-le-nous.

  • Scouts et Guides de France (SGDF). On parle de « tenue » plutôt que d’« uniforme ». Le foulard est propre à la structure dont dépend l’adhérent : groupe, territoire ou national. Les « bûchettes » des responsables formés se portent autour du foulard (Scoutopedia, source collaborative).
  • Éclaireuses et Éclaireurs de France (EEDF). L’élément de tenue officiel est le foulard aux couleurs du groupe. Les délégués à l’international portent un foulard bleu, blanc, rouge (Scoutopedia).
  • Éclaireurs neutres de France (ENF). Foulard de groupe avec un nœud chez les louveteaux, et avec une bague de cuir à trois torons chez les éclaireuses et éclaireurs (site du mouvement).
  • Fédération des Éclaireuses et Éclaireurs (FÉÉ). Foulard et nœuds chez les louveteaux, foulard et bague à trois torons chez les éclaireurs ; les chefs formés portent le foulard de Gilwell avec une bague à deux torons (fiche de la FÉÉ).
  • Guides et Scouts d’Europe (AGSE). Chez les louveteaux, le foulard, appelé « pelage », est remis après deux ou trois réunions. Les routiers reçoivent un foulard marron et carré, que l’on peut couper en deux, comme saint Martin, pour en donner la moitié à un compagnon ; les guides aînées portent un foulard couleur bois de rose (Aleteia).
  • Scouts unitaires de France (SUF). Le foulard des aînés est rouge avec des liserés jaune et vert, qui évoquent les trois branches (Aleteia).

Une distinction s’efface : récemment encore, le foulard à liseré était réservé aux scouts marins et le foulard bordé aux scouts terrestres. Aujourd’hui, des groupes terrestres adoptent aussi le liseré (Aleteia).

Nœud ou bague ?

Les plus jeunes portent un simple nœud, la bague est plus répandue chez les guides et les éclaireurs. La plus courante est un lacet de cuir noué en tête de turc, mais il en existe en bois, en métal, en cuir tressé (Aleteia).

Pourquoi ces couleurs ?

Aucune règle universelle n’apparaît dans les sources que nous avons lues : chaque groupe choisit les siennes.

Qui choisit ? Ce sont les chefs de groupe, généralement assistés des responsables de région, qui décident ensemble lors de la création d’une unité, en évitant les doublons dans le secteur (Aleteia). À Rennes, un groupe raconte que les louveteaux et jeannettes présents à sa création ont choisi eux-mêmes leurs couleurs (SGDF Rennes).

Ce que racontent les couleurs :

  • Une ville, une région. Les SGDF des Monts d’Or, près de Lyon, portent un bleu roi bordé de jaune d’or. De nombreux foulards d’Île-de-France sont bleu et jaune, comme l’ancien drapeau de la région (trois fleurs de lys jaunes sur fond azur). À Saint-Maur, le foulard reprend les deux couleurs de la ville (Aleteia, Val-de-Marne).
  • Un lieu. Le groupe de la Vallée du Réveillon, dans le Val-de-Marne, porte du bleu pour le ruisseau qui traverse ses cinq communes et du vert pour les forêts voisines (Val-de-Marne).
  • Un saint patron, une figure. À Nancy et à Metz, des groupes SGDF ont porté du brun et du blanc, les couleurs du Carmel, pour sainte Thérèse de Lisieux. De nombreux groupes récents sous le patronage de Mère Teresa ont un foulard blanc avec deux liserés bleus, comme son sari. À Domont, le foulard jaune du groupe Saint-Exupéry rappelle les cheveux du Petit Prince, avec un liseré orange pour l’écharpe de l’aviateur (Aleteia).
  • Des vertus. Dans des groupes catholiques, le vert évoque la nature et l’espérance, le rouge l’amour et la charité, le jaune la lumière et la foi, le bleu la Vierge Marie ; le gris l’humilité, le blanc la pureté, l’amarante la tempérance (même source).
  • Une fusion ou une séparation. Un foulard mi-parti ou mêlé raconte souvent deux groupes réunis, comme à Sucy ou à Lamentin. Quand un groupe se dédouble, le nouveau garde en général une couleur de l’ancien (même source).

Quand l’histoire n’a pas été écrite, le sens des couleurs se perd. C’est pour cela que cet article a une suite : nous voulons réunir ces histoires avant qu’elles ne disparaissent.

Et ailleurs dans le monde ?

Partout, le foulard est le signe de reconnaissance des scouts, mais chaque pays a sa logique.

  • Royaume-Uni. Chaque groupe choisit la couleur de son foulard, commune aux castors, louveteaux et scouts ; les unités d’explorateurs ont le leur (Scout Association, John May).
  • États-Unis. Chez les louveteaux (Cub Scouts), la couleur indique la progression : orange pour les tigres, or pour les loups, bleu clair pour les ours, tartan pour les Webelos. Chez les scouts, la troupe choisit sa couleur (John May).
  • Canada. Les Scouts du Canada portent le foulard de groupe ou celui de l’association (Scouts du Canada) ; un foulard à tartan, optionnel, existe aussi (Wikipédia).
  • Suisse. La couleur du foulard de groupe est protégée au sein de l’association cantonale, et le foulard Gilwell est réservé aux chefs formés (Mouvement Scout de Suisse).
  • Suède. Il existe un foulard officiel national, que les scouts peuvent porter en plus des foulards propres à chaque groupe (cours Panorama).
  • Hongrie. La couleur est nationale selon l’âge : bleu clair jusqu’à dix ans, vert ensuite (Wikipédia).

Aux grands rassemblements internationaux, on échange des foulards entre scouts de pays différents (même source).

Ce que nous savons, ce que nous ne savons pas

  • En 1908, le foulard est un mouchoir coloré aux couleurs de la patrouille. Preuve solide : texte d’époque (Scouting for Boys, 1908, Gutenberg).
  • Le foulard de troupe apparaît dans le règlement britannique en 1919. Preuve assez solide : le changement de terme est officiel, la citation est relayée (Scout Association ; John May).
  • La bague naît à Gilwell au début des années 1920. Preuve assez solide : document officiel, mais l’inventeur du mot est contesté (Scout Association ; sites scouts).
  • Le foulard vient de la guerre des Matabélé (1896) et de Burnham. Preuve faible : sources secondaires, phrase non retrouvée à la source (Wikipédia ; sites scouts).
  • Les phrases « chaque troupe a sa couleur » et « comme la South African Constabulary » datent de 1908. Preuve douteuse : non retrouvées dans la partie I de 1908 (éditions plus tardives).
  • Deux mouvements français naissent en 1911. Preuve solide : trois sources concordantes, dates exactes à recouper (Archives de Lyon ; Scoutopedia ; Wikipédia).
  • Des foulards de groupe existent en France dès 1926. Preuve assez solide : foulards datés reproduits par un territoire SGDF (SGDF Val-de-Marne).
  • Foulard de troupe chez les Éclaireurs français (1936), foulard kaki avant la promesse (1948). À recouper : bulletins d’époque cités par un wiki collaboratif (Scoutopedia).
  • Le foulard est presque abandonné aux EEDF dans les années 1970-1980. À recouper : wiki collaboratif citant un mémoire universitaire (Scoutopedia).
  • Les couleurs d’un groupe reflètent sa ville, son saint patron ou une fusion. Preuve solide : exemples documentés (Aleteia ; SGDF Val-de-Marne).

À toi de jouer : raconte l’histoire de ton foulard

Cet article est un point de départ. Il sera complété avec vos histoires et corrigé avec vos archives.

Dans les commentaires, dis-nous :

  • Mouvement :
  • Groupe / ville :
  • Couleurs du foulard :
  • Ce qu’elles veulent dire, ou ce qu’on en raconte :
  • Depuis quand, si tu le sais :

Tu as un vieux règlement, une photo du foulard de ton grand-père, un souvenir de fusion de groupes ? Dis-le aussi. Les meilleures histoires rejoindront l’article, avec le nom du groupe (pas celui des personnes).

Merci de respecter ces règles : pas de photos d’enfants, pas de noms de jeunes : on parle de groupes, pas de personnes. Les commentaires sont relus avant publication. Pour commenter, il faut avoir 15 ans ou plus ; en dessous, demande à un parent ou à un chef de le faire avec toi.

Sources et pour aller plus loin

Textes d’époque

  • Robert Baden-Powell, Scouting for Boys (1908), partie I, Project Gutenberg : gutenberg.org
  • Robert Baden-Powell, The Matabele Campaign (1897) : gutenberg.org

Documents officiels et archives

Presse et sites de groupes

Sources collaboratives, à recouper

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