"Nagawicka" est l'une de ces chansons qu'on apprend enfant et qu'on n'oublie jamais. Simple, rythmée, avec ce nom mystérieux qui claque comme un tambour, elle a accompagné des générations de louveteaux, de centres de loisirs et de colonies de vacances depuis les années 1970. Peu de gens connaissent son auteur — et c'est bien dommage.
"Nagawicka" repose sur une structure très épurée : chaque couplet plante une image de la vie du petit Indien — le chemin, l'arc, le cheval, le bison, le feu — et le nom "Nagawicka" revient comme un refrain scandé, presque un cri de ralliement. Cette construction répétitive et cumulative rend la chanson immédiatement accessible aux plus jeunes, tout en laissant beaucoup de place aux gestes, aux mimiques et à la mise en scène. C'est une chanson faite pour être jouée autant que chantée.
Un petit indien, un petit indien
Nagawicka, Nagawicka,
Chantait gaiement sur le chemin,
Nagawicka, Nagawicka.(bis)(bis)(bis)
Quand je serai grand, quand je serai grand
Nagawicka, Nagawicka,
J'aurai un arc et un carquois
Nagawicka, Nagawicka.(bis)(bis)(bis)
Sur mon cheval, sur mon cheval
Nagawicka, Nagawicka,
J'irai plus vite que le vent,
Nagawicka, Nagawicka.(bis)(bis)(bis)
Avec mes flèches, avec mes flèches
Nagawicka, Nagawicka,
Je chasserai le grand bison
Nagawicka, Nagawicka(bis)(bis)(bis)
Autour du feu, autour du feu
Nagawicka, Nagawicka,
Je danserai toute la nuit,
Nagawicka, Nagawicka.(bis)(bis)(bis)
Un petit indien, un petit indien
Nagawicka, Nagawicka,
Chantait gaiement sur le chemin,
Nagawicka, Nagawicka.(bis)(bis)(bis)
"Nagawicka" est l'œuvre de Jacky Galou, l'un des pionniers de la chanson pour enfants en France. En 1974, il compose, enregistre et publie cette chanson qui deviendra l'une des plus chantées par plusieurs générations d'enfants dans les écoles. Elle sort d'abord en vinyle sur un disque 4 titres, avant de paraître bien plus tard aux formats CD et MP3 sur un album éponyme en 2006, puis en réédition remastérisée en 2022.
La chanson est devenue, à l'instar de La Baleine bleue de Steve Waring ou de L'Oiseau et la bulle de Pierre Chêne, un tube incontournable des centres de loisirs, des colonies de vacances, des camps scouts et des stages BAFA. Pourtant, son auteur reste largement méconnu du grand public.
Le nom lui-même a une origine bien réelle : un lac du comté de Waukesha, dans le Wisconsin aux États-Unis, porte le nom de "Lac Nagawicka". Son étymologie vient de la langue ojibwé, dans laquelle "Negawicka" signifie "il y a du sable". Un nom amérindien authentique, donc, pour une chanson qui célèbre l'imaginaire des grands espaces et de la vie en pleine nature — deux valeurs très proches de l'esprit scout.
Jacky Galou passera des dizaines d'années à prendre des trains et des avions pour jouer ses titres devant un public toujours conquis, de la France à la Belgique en passant par la Suisse, la Norvège et même le Canada. Il fera aussi plusieurs passages à la télévision. Mais c'est dans les cours de récréation et autour des feux de camp que "Nagawicka" a véritablement fait carrière — transmise de bouche à oreille, de chef à louveteau, sans avoir besoin de hit-parade ni de maison de disques. Maternelle de Bambou
Amoureux des grands espaces, Jacky Galou avait récolté pendant plusieurs années des chansons traditionnelles américaines sur les Indiens, les cowboys et les pionniers, avec l'idée de les enregistrer en français sous la forme d'une fresque chronologique. "Nagawicka" est le joyau de cette collection — la chanson qui a tout résumé en deux minutes.